Lors de la prise de
Caen en septembre 1417, Henri V, roi d'
Angleterre et futur roi de
France, a tenu à se rendre sur la tombe de son ancêtre Guillaume à l'abbaye
Saint-Étienne de Caen. Ce geste montre l'importance du sens de l'histoire et surtout d'une filiation directe, même si elle est parfois artificiellement recréée, depuis l'époque du duché normand. Dans cette
histoire commune transmanche, la ville de Caen ( et en particulier ses institutions religieuses qui avaient des liens étroits avec les ducs normands et qui avaient des terres en Angleterre et dont Henri V tenait à confirmer les privilèges ) occupe une place très importante, plus importante peut-être que la capitale du duché,
Rouen. Ma communication vise à examiner les continuités dans la place
historique et imaginaire de Caen dans le duché normand et le duché anglo-normand jusqu'en 1204, puis dans les relations anglo-françaises pendant le reste du Moyen Âge. Cet article s'appuiera à la fois sur des œuvres littéraires et des récits historiques. Il mettra particulièrement l'accent sur le cérémonial et l'action publique à Caen, liés à l'histoire et à la mémoire de son importance dans l'histoire de la Normandie médiévale.